des belles lettres, du français

de la philosophie au bac ... .

 

 

parmi les sujets de l'année :

 

le juste et l'injuste ne sont-ils que des conventions ?

le langage ne sert-il qu'a communiquer ?

 

qu'attendons-nous de la technique ?

l'action politique doit-elle être guidée par la connaissance de l'histoire ?

la sensibilité aux oeuvres d'art demande-t-elle a être éduquée ?

 

raisonne-t-on bien quand on veut avoir raison à tout prix ?

 

et trouver 2 thèmes si chers, 2 poètes si présents sur le cahier ... .

le tout en 5 chapitres sur cette page

 

les corrigés du bac viennent du site de la station nrj, la radio des jeunes

 

choisir quelques extraits pour être bien en phase,

revus et corrigés en bonnes canailles par la band@cat

 

premier sujet à coeur, la vérité, dans les yeux ... .

expliquer une texte de malebranche

sur la recherche personnelle de la vérité

 

expliquez le texte suivant :

 

il est assez difficile de comprendre,

comment il se peut faire que des gens qui ont de l'esprit,

aiment mieux se servir de l'esprit des autres dans la recherche de la vérité

il y a sans doute infiniment plus de plaisir

et plus d'honneur à se conduire par ses propres yeux,

que par ceux des autres ; et un homme qui a de bons yeux

ne s'avisa jamais de se les fermer,

ou de se les arracher, dans l'espérance d'avoir un conducteur

sapientis oculi in capite ejus, stultus in tenebris ambula (1) .

pourquoi le fou marche-t-il dans les ténèbres ?

c'est qu'il ne voit que par les yeux d'autrui, et que ne voir que de cette manière,

à proprement parler, c'est ne rien voir

l'usage de l'esprit est à l'usage des yeux, ce que l'esprit est aux yeux ;

et de même que l'esprit est infiniment au-dessus des yeux, l'usage de l'esprit

est accompagné de satisfactions bien plus solides,

et qui le contentent bien autrement que la lumière et les couleurs

ne contentent la vue

les hommes toutefois se servent toujours de leurs yeux pour se conduire,

et ils ne se servent presque jamais de leur esprit pour découvrir la vérité

malebranche, de la recherche de la vérité

 

(1) " les yeux du sage sont dans sa tête ;

l'insensé marche dans les ténèbres "

 

la connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise

il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension

précise du texte, du problème dont il est question


 

 

1. les termes du sujet

 

esprit : l'esprit est distinct du corps

il désigne une faculté qu'a l'homme de distinguer le vrai

du faux et de reconnaître des idées vraies, des évidences

de même que les yeux permettent de voir la réalité empirique,

de même l'esprit permet de " voir " le vrai

( notion d'évidence, du latin videre, voir )

 

recherche de la vérité : c'est une définition classique de la philosophie

celle-ci, depuis socrate au moins tente de dépasser les opinions, les "on-dit"

et se définit par une quête de quelque chose d'universel et de permanent

cette quête est personnelle, singulière : il s'agit d'une expérience

de l'homme qui éprouve, met à l'épreuve les fruits de sa réflexion

 

2. l'analyse du problème

la problématique du texte est formulée au moyen d'une analogie :

pourquoi un homme veut-il voir de ses propres yeux

pour croire à l'existence d'une réalité sensible alors qu'il se contente le plus souvent

de suivre l'opinion d'autres hommes concernant la recherche spirituelle de la vérité ?

et pourtant, de même que l'homme a des yeux qui lui permettent de voir

( vision = faculté du corps ),

de même il a un esprit qui lui permet de penser par lui-même

( faculté de l'âme )


ainsi ce texte exprime t-il un étonnement de l'auteur :

les hommes ont la faculté de penser par eux-mêmes

et pourtant ils ne l'exercent pas

 

3. une démarche possible

le texte comprend deux parties, la deuxième analysant

et conceptualisant la première

les deux expriment l'étonnement que nous venons d'énoncer


dans une première partie ( " il est " [...] " ambula " ),

malebranche exprime son jugement avec prudence

( " il est assez difficile de comprendre ", " sans doute " )

et en accord avec le sens commun

( notions de plaisir, d'honneur, citation d'un adage latin )

 

dans une deuxième partie, l'auteur est plus analytique

( " pourquoi ? " ), plus radical ( " le fou " ),

plus conceptuel enfin

( il construit alors une analogie autour de la notion d'usage )


une lecture critique du texte se doit de noter le statut singulier de cette analogie

non justifiée mais accroissant l'étonnement commun,

c'est une élaboration personnelle

qui permet de dépasser le sens commun

c'est la thèse du texte


comment expliquer cette thèse ?

malebranche tient pour évident que " l'esprit est infiniment au-dessus des yeux " !

comment peut-il comparer l'esprit aux organes de la vision ?

n'en fait-il pas un organe ( spirituel certes ), donc une chose ?

ne chosifie-t-il pas l'esprit ?

notre lecture semble justifiée par le texte : l'esprit n'est pas un souffle
 

ainsi, ce qui permet à malebranche de passer d'une comparaison

entre les yeux et l'esprit ( première partie )

à l'affirmation d'une supériorité de l'esprit sur les yeux ( deuxième partie )

est un présupposé théologique implicite qui commande en fait

toute l'argumentation

 

4. des références utiles

descartes, les méditations métaphysiques

kant, critique de la raison pure

 

5. les fausses pistes

le rapport entre les deux parties, analytique, pour classique

qu'il soit en philosophie, doit être vu

( il n'y a pas de progression argumentative à proprement parler )

 

6. le point de vue du correcteur

le texte est plus difficile qu'il n'en a l'air

derrière la critique de l'opinion et l'exigence de penser par soi-même,

se cache un présupposé à mettre en évidence, et qui seul justifie

la thèse, paradoxale

 

 

deuxième sujet à coeur, la liberté

pourquoi voulons-nous être libre ?

 

1. les termes du sujet

la liberté, négativement, désigne l'absence d'obstacles :

une pierre est en chute libre

parce que rien ne s'oppose à sa chute

c'est la liberté physique

il y a un autre sens de la liberté, la liberté politique,

qui repose sur des droits et devoirs : c'est une convention,

un contrat qui me rend libre de circuler, de voter,

de créer une association pour les jeunes

un dernier sens, plus philosophique et religieux,

est celui de la liberté métaphysique :

c'est ma capacité, réelle ou imaginaire, à échapper à tous les déterminismes

qui pèsent sur moi ( corps, société, culture, etc ... . ) et à agir par moi-même

c'est ainsi que nous sommes libres de vouloir l'impossible

 

2. l'analyse du problème

être libre, c'est faire ce qu'on veut

qui n'a pas entendu ou prononcé cette définition de la liberté ?

elle suppose que pour être vraiment libre, il faut savoir ce que l'on veut,

et que ce que l'on veut est vraiment bon pour nous

ou encore que je sache pourquoi je veux être libre

 

ceci peut se comprendre en deux sens : pourquoi voulons-nous être libres,

c'est-à-dire pour quelle raison profonde, en raison de quelle situation

insatisfaisante ou oppressante ?

ou alors pour quoi, au nom de quoi voulons-nous être libres,

autrement dit la liberté pour quoi faire ?

ou alors pour être libre tout simplement ?

 

3. une démarche possible

a. la liberté par dessus tout

non seulement l'homme veut être libre, mais il met sa liberté

au dessus de tout autre chose

l'homme est capable de comportements d'actes gratuits

pour se prouver à lui-même sa liberté

la liberté devient chez lui une passion :

alors qu'un animal se contente de liberté physique,

l'homme aspire à une liberté métaphysique, absolue

 

en effet, l'homme n'est pas qu'un être vivant

soumis à des lois physiques, biologiques, sociales,

il est capable de se représenter ces lois,

tout ce à quoi il est en même temps soumis

la conscience permet le contrôle, l'action, le dépassement

 

étant capable d'être conscient de ses limites, l'homme aspire à l'infini

c'est cette conscience de l'infini qui l'a sans doute

porté à imaginer des êtres supérieurs,

des dieux, immortels et tout-puissants

c'est la conscience de sa finitude qui pousse l'homme à vouloir être libre,

la conscience de ses limites

de plus, l'homme est un être de culture, un animal technicien :

l se prolonge lui-même, se projette dans des outils,

des espaces et des temps qui le dépassent

 

il y a une infinité de façons de vivre une vie humaine : comme le dit kant,

les potentialités de l'humanité ne se réaliseront

que dans une suite infinie de générations

 

vouloir être libre, c'est maintenir ouvert ce lien de l'individu

avec tout le devenir de l'humanité, qui fait qu'une vie

purement individuelle est satisfaisante

 

b. les aventures de la liberté

l'humanité peut sembler être une destination capable

de combler la soif de liberté humaine

mais combien d'hommes ont le courage de prétendre à un tel idéal ?

il faut constater à quel point les hommes soit ne veulent pas être libres,

offrant leur liberté comme un fardeau, soit pensent la trouver

dans des expériences


la liberté véritable c'est l'autonomie,

l'indépendance dans l'action et dans la pensée


c'est ainsi que l'homme est prêt à voir la réalisation de la liberté

d'où l'importance d'un contrat social qui accepte cette volonté de liberté

( c'est la condition humaine ) tout en refusant les réponses totalitaires

ou utopiques

 

4. des références utiles

la boétie ... .

kant, idée d'une histoire universelle

descartes, méditations métaphysiques

 

5. les fausses pistes

oublier les différents sens de la liberté

 

6. le point de vue du correcteur

sujet très classique dans l'énoncé, qui demande de la rigueur

dans l'argumentation pour éviter les clichés

 

la liberté autrement ... .

être libre, est-ce ne rencontrer aucun obstacle ?

 

1. les termes du sujet

 

a. liberté

une notion dont chaque sujet humain fait l'expérience sur un mode intuitif

( on se sent libre, on a le sentiment de sa liberté )

et qui peut être définie de différentes façons : la liberté comme spontanéité,

libre arbitre, projet, création, licence

 

b. ne rencontrer aucun obstacle

une expression ordinaire

le terme d'obstacle n'est pas un concept philosophique

il renvoie à une limitation qui peut prendre de multiples formes

comme le suggère le terme " aucun "

( il faut envisager tous les obstacles possibles ! )

un obstacle peut en effet être d'ordre matériel, physique,

psychologique, moral, juridique, politique

 

2. l'analyse du problème

la liberté, c'est l'expérience d'une spontanéité

par laquelle l'homme s'affranchit des déterminations causales :

il peut se mouvoir par lui-même contrairement aux êtres inanimés ;

il peut agir comme il le décide contrairement aux êtres vivants guidés par l'instinct


mais cette expérience implique-t-elle l'abolition de toute détermination ?


la liberté est indissociable de l'action

or qu'est-ce qu'une action qui n'aurait aucun monde objectif

dans lequel et sur lequel agir ?

le sujet invite ainsi à se demander si la liberté peut être assimilée

à la licence et à la puissance, ce qui amène à préciser les relations

qu'entretiennent les notions de liberté et de contrainte

 

3. une démarche possible

a. la liberté absolue est un mirage

 

1) la liberté absolue

intuitivement, la liberté s'expérimente comme absence de contraintes :

on se sent libre quand on ne subit ni contrainte physique,

ni interdiction morale, ni pression psychologique


le sentiment de liberté naît alors du fait que le principe de l'action est en nous

et n'est pas déterminé par un principe extérieur


ce sentiment est très clair quand nous parvenons

à assouvir nos désirs sans rencontrer de résistances


d'où l'illusion que la liberté se confond avec la possibilité

de donner libre cours à tous nos désirs

 

c'est la position de calliclès qui affirme, dans le gorgias,

que le tyran est l'homme le plus heureux

parce qu'il a la puissance de satisfaire tous ses désirs

 

2) la liberté n'est pas licence absolue

la liberté dont parle calliclès est un mirage
 

le désir humain en effet ne connaît pas de limite naturelle,

comme chez les animaux avec l'instinct


l'homme libre dont calliclès fait l'éloge est semblable à un tonneau

percé que l'on ne parviendra jamais à remplir


vouloir assouvir tous ses désirs est le moyen assuré

d'être perpétuellement frustré
 

la liberté suppose que l'on sache différencier

ce qui est simplement plaisant et ce qui est objectivement bon

 

b. tout obstacle n'est pas aliénant

 

1) le contrôle des passions

la recherche d'un bien objectif oblige à renoncer au présupposé

selon lequel toute contrainte est aliénante


la raison humaine permet à l'homme de savoir user de sa liberté


elle permet ainsi à l'homme de ne pas être l'esclave de ses passions

et de manifester sa liberté au travers du contrôle de soi

( même quand on se fait broyer la jambe comme dans le cas du stoïcien epictète ! )

 

2) " la liberté est l'obéissance à la loi qu'on s'est donnée "

la raison est surtout la source de la limite qui est à la base de notre humanité :

elle nous indique en effet la loi que nous devons respecter

si nous voulons agir moralement ( l'impératif catégorique de kant )


cette loi qui s'impose à nous n'est pas une contrainte aliénante

mais une obligation : nous choisissons librement de lui obéir

parce qu'elle provient de notre nature rationnelle

nous en sommes à la fois les destinataires et les auteurs

elle est la loi que nous nous sommes donnés à nous-mêmes ( auto-nomos )

 

c. la liberté comme projet

 

1) être libre, c'est assumer notre situation

l'autonomie de l'homme l'amène à user de sa liberté avec responsabilité


loin de se confondre avec la licence absolue, la liberté nous engage

donc à forger un projet de vie qui tienne compte des déterminations objectives


sartre va jusqu'à dire que c'est notre liberté elle-même qui crée les obstacles :

cette montagne n'est infranchissable qu'à partir du moment

où je choisis de la franchir !

 

2) les contraintes peuvent stimuler la création

la liberté n'est donc pas allergique à tout ce qui lui fait obstacle

elle peut aussi en tirer parti comme on l'observe dans le cas de l'art


les contraintes de la métrique ( pour le sonnet par exemple ) ont plus favorisé

qu'elles n'ont empêché la création de poèmes magnifiques

 

4. des références utiles

platon, gorgias

kant, fondements de la métaphysique des mœurs

sartre, l'être et le néant

 

5. les fausses pistes

ne pas voir l'importance du terme " aucun " qui invite à envisager la pluralité

des obstacles possibles et à recourir à différents domaines

pour traiter la question ( morale, psychologie, esthétique )

 

6. le point de vue du correcteur

un sujet sur la liberté qui amène à critiquer le mirage d'une liberté

assimilée à l'absence de contraintes et donc à l'irresponsabilité

 

 

 

troisième chapitre consacré à la poésie ... .

 

une dissertation,

la rébellion contre l'héritage des poètes précédents est-elle indispensable

à la création poétique ?

 

de cet hugo, n'autre victor ... .

 

je fis souffler un vent révolutionnaire

je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire

plus de mot sénateur !

plus de mot roturier !

je fis une tempête au fond de l'encrier ... .

 

 

 

quatrième chapitre

pour ce rimbaud, n'autre arthur,

sur le forum des littérales, avec lyes ( le journal des êtres libres ) qui vient de passer

les épreuves anticipées de français du bac spécifique francophone algérien

 

pour lui, sujet d’invention : transposez le poème de rimbaud

en un article de journal dénonçant l’absurdité de la guerre
 


le dormeur du val

c'est un trou de verdure où chante une rivière
accrochant follement aux herbes des haillons
d'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
luit ; c'est un petit val qui mousse de rayons

un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
pâle dans son lit vert où la lumière pleut

les pieds dans les glaïeuls, il dort. souriant comme
sourirait un enfant malade, il fait un somme :
nature, berce-le chaudement, il a froid

les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
tranquille. il a deux trous rouges au côté droit ... .


arthur rimbaud et ses poésies ... .

dans sa bohème, dans sa soif d'absolu, changer la vie

sa liberté libre ... .

 

extraits de la copie de lyes :

" toute cette nature qui nous est donnée avec mille arbres,

mille plantes et mille terres ... .

 

est-ce l’objectif de notre présence en ce monde,

c’est-à-dire de mener guerre après guerre ?

 

pourtant il n’y a que l’homme qui peut répondre a cette question,

car il est le seul à être muni d’une conscience

 

celui-ci prétend avoir le grand avantage de penser

mais en fait il s'avère que son instinct de dominance

est plus fort que sa pensée

 

que puis-je vous dire d’autre mes chers lecteurs

à part que je fume du thé ... . ? "
 


cinquième chapitre,

pour être complet sur le sujet, pour la quintessence

la band@cat rappelle quelques célèbres perles du bac

 

à propos des lettres ... .

socrate parle beaucoup car il a la langue bien pendue

au pluriel, on dit des cristaux car il y a plusieurs cristals

les fables de la fontaine sont si anciennes qu'on ignore le nom de l'auteur

toute sa vie, montaigne a voulu écrire mais il n'a fait que des essais

et victor hugo est né à l'âge de 2 ans ... .

 

 

    la band@cat est prête à parier sur le prochain sujet : la pureté ... .

c'est logique ... .

 

page mise en fabrique le jour de guy ( 3 )

 

sur n'autre chemin de poèmes, de poètes en bohème,

marcher ensemble, en amitié, vers n'autre voie de pureté,

dans l'onde de lyes, arthur rimbaud ... .

vers un termitisme renaissant ... .

 

sentier de termites, parfum de paix ... .

 

le cahier de l'amitié, vaisseau en partance ... .

   vers n'autre île       en bohème ... .       espace poète ... .

avec les maillons poètes, poésie de n'autre boh'aime