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vérité de crapaud ... .
nevo nous invite aujourd'hui à découvrir quelques écrits
sur son pays préféré, le pays andin
... . au commencement, la terre est tutayacc, purun, pacha,
obscure, déserte et pierre, excepté le lac petit, solitaire, hostile
la terre en vérité n'est que pierre, lac et obscurité
jusqu'à ce jour soudain où pachacamac ordonne que la lumière soit
alors la clarté invincible, celle qui éblouit, nausayanacama,
se répand joyeusement sur la terre et pacha, frémissante
sous ce contact charnel, sort de sa léthargie millénaire
lorsque l'eau fertile atteint le sommet des montagnes où elle se loge,
de son sein, jaillit wiracocha ( viracocha ), étranger, ivre de jeunesse,
et de forces longtemps contenues, jatun wiracocha
après l'allégresse de ce temps nouveau, le grand, le sage découvre
qu'il est totalement seul, mitmak, perdu dans le monde
présentant déjà une terrible nostalgie d'absence,
il obtient alors de son créateur le pouvoir de transformer la pierre première
en matière d'homme, donnant à celui-ci l'énergie minérale de celle-là
c'est ainsi que naît cullahua ( devenue par la suite la personnification
de la terre mère sous le nom de la déesse pacha-mama, qui va provoquer
la place la plus élevée du panthéon quechua, foncièrement bénéfique )
cullahua, celle qui soigne les maux
se tracèrent les chemins de hanna pacha, la terre haute où va résider les bons
et de hurin pacha, la terre basse ... .
en ce temps d'avant, les animaux et les plantes parlent, dansent, ont liberté
de mouvement et d'entendement avec les hommes,
et tous les êtres animés possèdent le même langage

en cette époque paisible, wiracocha et cullahua vaguent avec bonheur
dans le centre de la terre qui a surgi à chitapampa, la pampa de la création
puis vient la crise, effroyable mais nécessaire à la toute puissance des dieux
les choses se rebellent brusquement contre l'homme en amenant les ténèbres,
les vents mauvais, la révolution de la coutume et de la culture
" ils racontent aussi qu'en ces temps très éloignés le soleil disparaît
et la terre demeure dans l'obscurité pour une durée de cinq jours,
que les pierres se rencontrent, se cognent les unes contre les autres,
et que les mortiers que les indiens appellent mutca et les meules de pierre
qu'ils appellent marap se rebellent contre leurs patrons ; et que les moutons,
ceux qui sont attachés dans les maisons comme ceux des champs,
attaquent leurs maîtres "
puis terre et ciel se séparent
le langage des plantes et des animaux
devient incompréhensible pour les hommes
les vieux ne peuvent plus se baigner
dans la voie lactée pour y retrouver leur jeunesse
de la rupture irréversible survenue entre hurin pacha et hanna pacha
monte une ère nouvelle et mystérieuse, dotée d'une gravité inconnue
jusqu'alors, celle de la condition humaine
dés lors, le culte religieux des quechuas, que l'on considère
parfois à tort comme naturaliste ou même panthéiste
va évoluer vers une haute spiritualité, même si, à première vue ,
celle ci continue à s'appuyer sur des contacts naturalistes
si l'on examine attentivement les innombrables
croyances et rites de cette population andine,
on remarque qu'il ne s'agit pas d'une adoration fétichiste
de la terre, des montagnes, des grottes ... .
c'est plutôt d'un véritable culte hiérarchisé et rendu aux esprits de la terre,
aux esprits des montagnes, de grottes et des étoiles qui résident en ces lieux
et influent en permanence sur la vie agricole et donc humaine
remarquons bien la différence très significative
qu'effectue l'indigène d'aujourd'hui,
entre orqo la montagne et l'apu, l'esprit qui réside en elle
entre moqo, la colline et l'auki, l'esprit qui l'habite
entre allpa, la terre et pacha mama
entre qaqa, la roche et tira
enfin entre winaq rumi, la pierre saillante et nusta,
l'esprit féminin qui y demeure
tout acte de vénération profite donc d'un support géographique ou cosmique
dans le temps et l'espace, pour y diriger la volonté de l'homme
vers celle de la divinité invisible à laquelle chacun se sent véritablement relié
par la puissance des liens de sang originels
car l'homme reconnaît une parenté directe ou indirecte, plus ou moins élevée,
avec ces entités différentes, et c'est en conséquence de ce rapprochement permanent
ou circonstanciel que le dévot peut on non avoir foi
dans le succès de ses prières, offrandes
ce sont sa terre, ses montagnes ... . qui constituent son propre prolongement
dans l'harmonie universel d'où il a été exclu
cette filiation mystique s'observe facilement dan certains moments privilégiés
de la vie indienne, où l'atmosphère semble si lourdement chargée
par suite de ce sentiment de dépendance à l'égard de la puissance divine, protectrice
c'est pour cela que le paysan s'adresse avec une véritable tendresse
à son apu, le père et converse respectueusement
avec les aukis que la communauté vénère
sous leur aspect de momies qui entreront dans le réseau de parenté
sous le nom d'achachilas
ces esprits des ancêtres, qui avec la pacha mama représentent
le groupe de divinités bénéfiques les plus puissantes et les plus considérées
dans toute l'aire andine d'amérique du sud ;
possèdent, selon la croyance populaire ,
des sensations et des traits de caractères semblable à ceux des vivants
bien qu'ils soient immortels, ils n'en sont pas moins très âgés
et sont soumis aux besoins de se nourrir, rire, dormir ... .
cette grande famille s'ordonne selon une hiérarchie dont le sommet
est occupé par les esprits de premier ordre, ceux qui résident
sur les hauteurs les plus inaccessibles de la cordillère, les apu ou machu
tandis que les aukis ou auquis dont la résidence est au coeur des montagnes
plus petites et moins fortes, ont un pouvoir de second ordre
comme des sous chefs, ce sont des auquis ou montagnes mineures,
formant comme une garnison défensive de l'endroit, laquelle empêche
qu'ils connaissent des désastres, assauts, épidémies ... .
de même, sous son nom hispanisé, mais en conservant son sens initial,
l'abuelo ou le viejo hante les sommets de certaines montagnes saints,
faisant craindre sa puissance qu'il détient d'une autre réalité éloignée,
insaisissable, magique
cette perception aiguë de la nature comme étant un ensemble
de foyers permanents des puissances divines ou pakarinas
( dont la plus fameuse est le lac titicaca, considéré comme le lieu de naissance
des dieux ; il représente la matrice d'où l'homme est sorti et nous allons découvrir
au bord du lac, n'autre crapaud ) d'où surgissent les ancêtres,
se manifeste particulièrement dans les cérémonies magiques
où les roches ont droit à des manifestations de respect bien spéciales
elles sont en effet considérées comme le corps matériel d'êtres mythiques
pétrifiés à la suite de leur départ, mais toujours présents et détenteurs
de leurs pouvoirs intacts, toujours identiques à ce qu'ils étaient auparavant
cet univers, que nos pouvons qualifier de mystique et qui appartient aux indigènes
de l'amérique du sud, tire son originalité, face au système religieux,
de ce qu'il n'exige pas la séparation temporelle ou spatiale
entre les hommes et les dieux, entre l'esprit et la chair
ici, s'établit une communication perpétuelle
entre les uns et les autres qui s'interpellent, se répondent,
se critiquent dans des attitudes réciproques
les relations hommes dieux sont très intimes et ne cessent de s'interpénétrer
dans un réseau compliqué d'influences attractives
dès lors, ce qui advient aux uns se répercutant plus ou moins rapidement sur les autres,
provoque un mouvement de foi perpétuellement dynamique
en définitif, ce mythe andin que nous avons relaté n'est autre que le mythe universel
de la déchéance humaine, survenue près une catastrophe qui a mis le chaos,
là où régnait l'ordre ; qui remis en question ce qui était définitivement et harmonieusement
donné, et par là, brisé l'unité de l'homme originel ,et le faisant acteur historique
d'un drame grandiose dont la finalité se trouve dans une nouvelle création,
une re-conciliation avec ce temps d'avant, où l'âme et le corps s'élèvent ensemble,
où la paix s'étend à toutes les zones d'énergie, où il n'y a ni temporalité,
ni limites de rayonnement de la puissance, ni séparation, ni discontinuité
aujourd'hui, dans les forêts amazoniennes comme sur les pampas,
dans les yungas tropicales ou les punas d'altitude, le sorcier, mage, devin
ou chaman, condamné à la condition humaine par la chute initiale,
s'efforce à retrouver l'harmonie pré-historique, par le moyen du vol libérateur,
qu'il soit hallucinatoire, extatique ou onirique, afin de réintégrer
la condition de l'homme primordial dont nous parlent les mythes paradisiaques
il mène un combat, selon les règles de l'audace traditionnelle,
afin d'apporter à la communauté, dont la présence donne à cette lutte tout son sens,
la tranquillité de la conscience retrouvée
l'illustration du drame existentiel magique a généralement été abordée
par les ethnologues selon une optique très cartésienne assez inadéquate,
car elle impose aussitôt ses propres limites aux croyances étudiées
et fait d'elles seulement un décor sur lequel se détachent les faits
qui relèvent seuls de l'ethnologie ,se détournant ainsi, plus ou moins volontairement,
du problème essentiel de la réalité magique,
car ce dernier ne coïncide plus avec notre logique scientifique
du toujours donné, toujours garanti
si nous acceptons de pénétrer, autrement que par une documentation folklorique,
dans un univers magique où la présence est constamment en péril,
nous devons nous efforcer d'atteindre à une disponibilité intellectuelle parfaite,
afin de réaliser cette indispensable remise en question de ce concept de réalité
que nous faisons prévaloir sur tout autre, parce que notre rationalisme
le considère comme seul authentique
et ampato, n'autre crapaud, où est-il ?
avant d'arriver à n'autre crapaud, nevo propose un nouveau détour dans ce livre,
un chapitre particulier sur la divination andine

voici une méthode de divination très pratiquée dans les andes
et qui s'effectue non plus par l'intermédiaire d'un animal
mais d'un végétal, la coca
cette technique divinatoire est connue sous le nom de katipa ou caco choccay
tout d'abord que représente la coca pour l'indien des hautes andes,
quelle force cachée lui attribue-t-il depuis des millénaires ?
un auteur péruvien a parfaitement exprimé le sens religieux caché
de cette plante indispensable à la vie physique et spirituelle des andins
" la coca n'est ni opium, ni tabac, ni café, ni éther, ni morphine, ni hachisch,
ni vin, ni liqueur et pourtant elle tout cela à la fois
elle stimule, rend abstrait, réjouit, attriste, saoule, illusionne, hallucine
une chaccha ( chacchar : mastiquer une chique de coca ) est une jouissance,
une katipa, une prière
dans la chaccha, l'indien est une bête qui rumine,
dans la katipa, une âme qui crée
la coca est une bible verte de milliers de feuilles,
dans chacune d'entre elle dort un psaume de vie
katipar, c'est célébrer, mettre l'homme en communion avec le mystère de la vie "
on a recours à la méthode divinatoire de la katipa
dans toutes les circonstances qui exigent une information
sur un événement caché ou à venir
( voyage par terre ou par air, entreprise amoureuse ... . )
cette occasion à saisir cette position de la puissance à découvrir
se réalise par l'observation des feuilles de coca dont on relève
chaque indication symbolique ( couleur, forme, orientation ... .)
le cérémonial de la katipa varie d'une région à l'autre et d'un officiant à l'autre
appelé catiputero dans la province de huanuco, katipak dans les andes du nord
ou yachaq dans le département d'ayacucho, l'homme qui entreprend cette opération
doit être capable d'ajouter à ses pouvoirs une grande capacité de concentration
dans ce rituel, on retrouve phonétiquement n'autre jacques, jacquet ... .
sujet déjà illustré dans le cahier sur d'autres pages ... .
les yeux fermés, le sorcier réalise le jaqué,
rite indispensable pour conférer la valeur magique à ce qui autrement resterait inutile
pour cela, le sorcier souffle à plusieurs reprises entre ses pouces sur les feuilles
qui lentement prennent vie entre ses mains, acquérant la puissance de l'haleine,
et dès lors aptes à établir la relation de connaissance
avec les divinités qui d'adversaires deviennent alliées
s'adressant à son patient, le praticien lui commande de célébrer le même jaqué
et de révéler à la coca toutes ses intentions
il s'établit ainsi un courant fermé entre ces trois points qui sont le sorcier,
le patient et la coca
celle ci permettant le contact direct entre l'esprit du katipaq et celui de son patient,
acceptera de livrer les informations qu'elle détient, au fur et à mesure de la cérémonie
il s'agit véritablement d'un dialogue entre le catiputero et la coca
le premier interroge, la seconde répond, si elle est bien disposée
le sorcier ne s'attribue jamais la connaissance de ce qu'il révèle,
il s'en reconnaît seulement l'interprète ... .
la seconde étape de la katipa concerne la divination proprement dite
qui s'effectue grâce à l'interprétation ésotérique de feuilles
il existe tout un code avec son système de signes et de signifiés pré-établis
qui permet une lecture très détaillée pour le savant
mais ambiguë pour le non-initié
... . l'examen s'achève par l'observation de certaines figures
conventionnelles formées par la confluence de plusieurs d'entre elles
trois figures sont ainsi très éloquentes pour le devin
la première, huétaramun ( cela fleurit, est en train de fleurir )
est le meilleur signe que l'on puise obtenir au cours d'une katipa
les feuilles de coca d'un bon aspect se disposent alors d'elles mêmes
autour d'un point ou d'un axe central, imitant la disposition des pétales
d'une fleur ... .
ampato, n'autre crapaud ?
oui, nevo y arrive au chapitre sur le diagnostic
le crapaud ou hampatu lacha ( ou ampato ... . ) passe pour le symbole
de la fertilité des champs, du bétail et des femmes
chez les anciens péruviens
aujourd'hui, le crapaud joue un rôle important en médecine empirique
dans toute l'amérique du sud indien
au pérou, on lui frotte le dos pour le faire uriner et en le prenant par les quatre pattes,
on lui fait frotter les plaques d'érisypèle, afin que le crapaud emporte la maladie
( la peau de crapaud contient deux substances : la bufonine et la bufotaline
la première présente de grandes ressemblances avec la colestérine
dont l'action très antitoxique sert contre le venin de la vipère
c'est pourquoi, devant son ennemi, le crapaud s'entoure de bave qui contient
ce même élément toxique pour le serpent
l'erispèle détruit les globules rouges, la bufonine empêche cette destruction )
par ailleurs, le crapaud est un élément essentiel dans les rites divinatoires actuels
on le met sur la poitrine d'une personne endormie
dont on veut obtenir des renseignements dignes de foi
à voix basse, une pièce de monnaie entre les dents,
on pose les questions au dormeur, qui à son réveil,
ne se souvient pas d'avoir parlé
comment ne pas penser à cette image déposée,
il y a quelques jours sur le cahier
comment ne pas chercher à en savoir plus ... .
sur le stupéfiant travail du peintre bosch, l'oeuvre fabuleuse
de n'autre alchimiste jérome
enfin, cet amphibien est employé dans les opérations d'envoûtement
nevo passe quelques chapitres et nous proposent pour finir cette page,
une introduction sur le rôle des crapauds dans les rites magiques
dans certaines régions côtières, ainsi que dans le sud du pérou,
les sorcières préfèrent l'usage du hanphatu ( ampato, le sacré crapaud )
à tous les autres supports d'identité magiques
cet animal dont le rôle symbolique est universellement connu,
est associé aux rites de pluie depuis fort longtemps,
comme l'attestent les chroniqueurs et les historiens
" ils placent aussi sur les pierres des images de crapauds
en croyant qu'avec cela, ils attirent la pluie "
on a retrouvé bon nombre de ces figures en pierre, konopa
représentant des amphibiens magiques, lors des fouilles entreprises à tiahuanaco
aujourd'hui on continue à croire, dans certaines régions du pérou,
que les crapauds tombent avec la pluie et d'autant plus facilement
qu'ils aperçoivent leurs congénères en attente sur la terre
" car en prenant de l'eau dans les lacs,
les nuages les emportent avec eux pour les laisser tomber avec la pluie "
or si le crapaud est associé à la fertilité de pacha mama, la terre,
il est également un gage de la fécondité de la femme
ainsi qu'en témoignent les pratiques de médecine traditionnelle
le hanphatu est surtout pour la bonne sorcière,
son fidèle serviteur ... .
nevo d'ajouter, certainement
parce que le crapaud est porteur de vérité ... .
à découvrir n'autre crapaud sous des aspects convergents, dans une vérité
à partager dans le cahier de l'amitié, sous les traits de nusta, la princesse,
nuage éternel dans la voie lactée et à l'entrée du vaisseau,
à notre dame de strasbourg
les mythes et les légendes disent la vérité,
toujours la m'aime ... .
court extrait tiré de l'excellent livre de sabine, les appeleurs d'âmes,
l'univers chamanique des indiens des andes,
édité dans la collection spiritualités vivantes
livre découvert à lille, 2 saisons avant ... .
maintenant, voyager autrement ... .

à l'époque des incas, décembre
est le mois d'inti raymi, le soleil
qui chasse les impuretés de la terre
quelle force peut emmener un peuple entier vers la lumière,
vers un état social aussi avancé ?
est-ce le vécu dans les ténèbres, la connaissance d'un monde intérieur ?
peux t'on parler de sortie, d'apogée d'un termitisme dans l'avènement des incas ?
la question est désormais posée !
et le crapaud garde pour l'instant, toute n'autre vérité ... .
avec nevo
dans ses voyages ... .
dans son vaisseau, dans sa barque
mise en fabrique le jour de pierre l'ermite ( 3 )
sur n'autre chemin de poèmes, de poètes en bohème,
marcher ensemble, en amitié, vers n'autre voix de pureté, dans l'onde de nevo, noly,
tous les pèlerins, les marcheurs en absolu ... .
vers un termitisme renaissant ... .
sentier de termites, parfum de paix ... .
le cahier de l'amitié, vaisseau en partance ... .
vers n'autre île
en
bohème
... .