naissance d'une rose ... .

 

un jour, un gentil jardinier rêve d'une rose unique,

plus belle, plus fine, plus ravissante que toutes les roses connues

 

seulement, c'est un jardinier alchimiste

 

ses greffes, compliquées à souhait, dépassent les entes et les écussonnages,

car elles sont magiques

 

les sèves et les pollens n'ont aucun secret pour lui ;

par contre, il a un secret qu'ignorent les abeilles

 

récolteuses de nectars et fabricantes de miel,

elles savent par instinct extraire d'une quintessence une gelée royale

 

la vertu de ce gel est de transmuter une larve commune en un bébé royal

 

n'autre amoureux fleuriste choisit un églantier pour sa vertu robuste

et pour le caractère humble et fruste de sa fleur réduite à cinq pétales

comme un petit humain aux cinq sens étoilés

toute la roseraie est en éveil, et chacune des roses imbue de sa splendeur

créée, jouit de sa beauté et s'étonne avec quelque ironie, de cet intrus rosier

que leur maître soigne, avec, dans le regard, une étincelle passionnée !

 

il prépare un terreau avec des algues et des roses effeuillées ;

il y plante le pied de cette paysanne, tasse la terre et disparaît un court moment

 

il revient

 

à la main, une sombre bouteille

 

il a précieusement et dès ce frais matin de mai, récolté la rosée

perlant sur le grand pré où le trèfle éclate de ses diamants blancs

 

à cette rose, n'autre amoureux des roses, ayant de ses abeilles subtilisé le gel,

y mélange la royale vertu, et de cet élixir, autour du pied de l'églantier, il baptise la terre

 

en voilà des manières, dirent les belles coquettes,

intriguées néanmoins de ces soins attentifs !

 

pour finir en vase ou se faner sur pied,

n'autre éphémère beauté vaut-elle tant d'attentions ? !

 

le maître jardinier les entend, amères, murmurer sur leur sort,

glorieux, tristement si court !

 

il eut dans le sourire un éclat de malice et dans l'oeil un effet de tendresse ... .

 

du rosier en question, un bouton émerge, lentement

lentement, il grossit, parfois comme immobile

 

le jardinier sait ce que donnera sa rose et déjà il l'aime

 

regardant le calice hermétique des sépales soudées,

il rêve des composants serrés que bientôt il verra s'épanouir :

l'androcée des anthères, collé dans la corolle fripée,

deviendra périgyne, sans couleur encore de l'étamine dorée

 

le gynécée complexe du pistil érigé en carpelles

enrobant leur ovaire précieux ... .

 

il rêve de ces mots qui décrivent la vie de sa future reine

 

un beau jour, le calice, gonflé de turgescence, éclate ses pétales

et découvre sa chair

 

l'enfant reine naît, pâle et neuve comme une aurore d'été

aux promesses radieuses

 

les roses du jardin n'en croient pas leurs étamines,

de voir, extasiées, la mine de leur maître

 

enfin quoi, qu'a t'elle de plus que nous cette pétiote adulée,

montée d'un églantier d'une souche lointaine ?

 

la jalousie fomente parmi les belles de la roseraie,

de n'avoir point reçu autant de soin pour elles

 

très vite la choyée s'épanouit, autant que le regard de son admirateur

ses yeux la caressent, il hume son parfum

 

elle est belle, si belle !

elle est blanche si blanche !

 

qu'elle n'est que lumière irradiante dans l'air

qui devient palpable de brillance argentée

 

les tiges des belles frémissent de dépit

 

lui n'a d'yeux que pour cette déesse !

il faut en convenir : il a fait une reine !

 

les jours passent

 

il vient à toute heure s'extasier de sa reine

il l'a baptisé rosalba, ce nom contient des secrets et son hommage fervent

 

quand le jardinier approche ses lèvres du halo scintillant de sa rose,

celle-ci curieusement, penche gracieusement sa corolle vers lui

 

pendant tous ces temps de cour d'un amour insolite

entre l'homme et la rose, les roses du jardin s'étiolent peu à peu,

se fanent et tombent

 

d'autres fleurissent, certes, puis perdent leur beauté

d'un éphémère séjour

 

rosalba, unique sur sa tige verdoyante,

trône de sa fraîcheur toujours éblouissante

 

on aurait dit qu'elle sourit de sa corolle de gala comme une robe

de bal pour danser de sa lumière avec celle du soleil

 

les jours, les mois et les saisons passent, les hivers sur les étés

 

rosalba est là en plein air,

affrontant de sa beauté pluies et neiges, vents et froids

 

protégée de l'amour, elle a, de son maître et ami,

reçu à son baptème, l'élixir de l'immortelle beauté

et l'immortalité ... .

 

 

écrit par andré, la m'aime année,

juste quelques jours avant la naissance de n'autre rose, warda ... .

 

extrait du livre de l'auteur bouguenec, n'autre andré

paru aux éditions opera, collections sator ... .

sous le titre couple et alchimie ... .

 

page mise en fabrique le jour de fiacre ( 5 )

aussi selon nominis, le jour d'amat, de médéric, de merry ... .

 

fiacre est patron des bonnetiers, tuiliers, potiers d'étain, maraîchers

et des jardiniers ... .

 

ce jour du mois d'août où warda se réfugie dans l'onde éternelle du soleil

dans ces moments trop hauts en émotion, dans nos synchronicités

dans nos synchronicitem, on entend sempre ... . t'aime

 

quand on entend les termites carbonari, marteler :

halom ! halom ! halom !

 

on finit par écouter un chant de paix

s'halom s'halom salam shalom salam shalom salam ... .

 

finir par tracer dans le coeur, dans n'autre rêve,

un champ de paix ... .

 

envie d'écrire une page dans le cahier de l'amitié ... .

caresser le maillon en fin de chaque page

 

 

   quand les termites traceurs reviennent à la lumière,

marcher ensemble, en amitié, dans l'onde bonne et généreuse

de paix, vers un termitisme renaissant ... . sentier de termites, parfum de paix ... .

sur le cahier de l'amitié, vaisseau à l'ancrage ... .

 

   sur n'autre île, termitière   des poètes en bohème

maillons en amitié, prophètes de bonnes nouvelles, traceurs de paix