âme de l'arménie avec hélène ségara ... .

 

relier deux destins, une chanteuse et un photographe

rencontre avec hélène ségara et antoine agoudjian

 

retrouver leurs racines, la mémoire de leur peuple,

l'âme arménienne

 

construire entre eux, une arche d'espoir,

vivre dans leur espérance

 

comment expliquer pourquoi un mot nous fait vibrer, hélène ségara

comment expliquer pourquoi une photo nous attire, antoine agoudjian

 

aller dans leur intimité, dans l'intime d'un mot,

se réfugier dans l'intime d'une photo

 

dévoiler leur simplicité, leur pureté,

révéler son secret intime, l'âme vraie de l'arménie

 

 

le renouveau de l'arménie

reportage découvert dans le magazine paris match du numéro 3150 d'octobre

propos recueillis par anne-cécile et julien

 

quand hélène ségara parle de son arménie :

" en arrivant à erevan, je suis subjuguée

 

un petit couteau de nacre et d'argent, une bague de famille,

c'est tout ce qu'il me reste de mes aïeux arméniens

 

des vestiges du passé, transmis par ma mère,

il y a aussi ce mot tzigane ( tchingene ) c'est comme ça que me surnomme

affectueusement maman quand je suis enfant

parce que je ne veux pas porter des chaussures

 

l'arménie, j'y suis allée qu'une fois en septembre

 

mon ami charles me le propose depuis si longtemps

à chaque fois, c'est impossible, je suis en concert ou enceinte

 

et puis je ne suis pas prête, je sais que ça va me remuer

 

j'ai finalement accepté son invitation

 

charles veut que je chante avec lui à l'occasion d'un concert

donné pour le lancement de l'année de l'arménie en france

 

impossible de refuser ! j'ai emmené ma mère avec moi

 

en arrivant à erevan, je suis subjuguée

je m'attends à trouver un pays triste et meurtri

 

je découvre finalement des rues pleines de cafés,

des terrasses débordantes de gens radieux et des tonnes de restaurants

encore ouverts à 23 heures

 

j'ai eu l'impression d'être à rome tant il y a de l'animation !

avec maman, nous avons en réalité, passé trois jours au bord des larmes

 

en partant sur les traces de notre passé,

j'ai toujours eu l'impression que nous allons croiser

ma grand-mère au détour d'une rue

 

j'ai beau savoir qu'elle était partie,

il ne manque plus qu'elle à notre bonheur

 

au concert, 200 000 arméniens sont présents

 

je suis tellement émue que j'ai dû doubler ma voix

pour la première fois de ma vie ... .

 

puis charles nous a emmenées dîner dans un restaurant typique

où il y a un chanteur, un peu troubadour

 

charles  lui demande en arménien de m'interpréter une chanson

tellement belle que je me suis planquée sous la table

 

j'ai fait semblant de chercher un truc dans mon sac

 

pas la peine de te cacher, elle me fait pleurer aussi cette chanson

m'a lancé charles, dans un grand éclat de rire

 

de retour en france, je ne me souviens plus du titre

j'ai téléchargé tous les albums arméniens que j'ai trouvé sur le net

 

en vain, lors d'un dîner, on me présente un comédien,

je lui parle de ma chanson

 

immédiatement, il s'exclame : c'est dele yaman !

bingo ! comme elle évoque beaucoup de tristesse,

je crois qu'elle parle du génocide

 

en fait, il s'agit d'une histoire d'amour

celle d'un couple qui ne se reverra pas

 

dele yaman ne se traduit pas mais signifie "oh hélas ! "

j'ai en tête de faire un album du monde entier

j'ai choisi cette chanson pour l'arménie

 

j'ai rédigé un texte en français,

à l'enregistrement, ça ne marche pas

 

j'ai finalement chanté en arménien que je ne parle pas

je n'ai pourtant pas eu besoin de coach

c'est là, au fond de moi

 

je suis certaine que l'on porte en soi le passé de ses ancêtres,

le ressenti des êtres qui nous ont précédés

on n'échappe pas à ses racines ... . "

 

 

le mont ararat,

symbole de l'arménie éternelle

 

premier rebond, feuilleter le supplément du magazine

après l'article de l'arménie avec hélène ségara,

trouver des pages sur le mont ararat

 

" du haut de cette pyramide,

le mont ararat est constitué de 2 sommets, le grand ararat et le petit ararat,

situé au sud-est du premier auquel il est relié par un plateau de lave

 

les deux cimes sont distantes de 11 kilomètres

 

l'homme a vécu dès le début de l'âge du bronze

les pâturages d'été, vers 2900 mètres, sont toujours utilisés par des semi-nomades

 

silhouette de la montagne la plus fameuse de l'histoire

celle sur laquelle au dix-septième jour du septième mois du déluge

selon la légende, c'est en arménie que s'est échouée l'arche de noé

 

on n'arrache pas son âme à un peuple

surtout quand elle est perchée à 5165 mètres d'altitude ... . "

 

attirer par cette photo, s'approcher du mont ararat, de sa réalité,

écouter son voisinage

 

découvrir une montagne habitée,

comme à linay, une colline inspirée

 

aller au plus près,

laisser les photos, éclairer nos esprits

 

 

 

des visages, un regard

des lèvres, un souffle

de loin, âmes en silence

 

 

 

le mont ararat nous fait signe, l'arménie nous accueille

 

continuer ce chemin au plus intime

de son âme éternelle

 

 

les yeux brûlants

d'antoine agoudjian

 

deuxième rebond

après l'article sur l'arménie avec hélène ségara, l'excursion sur le mont ararat,

à la bms, découverte du livre de photos d'antoine agoudjian

à la bibliothèque municipale de strasbourg

 

intro d'atom egoyan :

" toute photographie est une somme de détails qui résonnent

de manière subliminale entre le photographe, le spectateur et le sujet

 

mais il y a dans le travail d'antoine agoudjian une alchimie

qui reste unique et obsédante

 

ce que je ressens devant ces images,

ce n'est pas seulement leur aptitude à capter l'instant

- un aspect ordinaire de toute photographie - mais aussi, profondément,

une manière d'étendre la concentration m'aime du temps

 

le moment est fuyant, mais le temps passé avec le sujet semble magnifié

avec une intensité qui va au-delà du regard de l'appareil

 

l'âme du sujet et du photographe s'épousent de manière sacrée

 

le temps passé dans l'échange est infiniment plus riche

que l'instant du déclenchement de l'obturateur

 

l'artiste est complètement impliqué dans la sensibilité de son sujet

 

les magnifiques photographies d'antoine agoudjian

sont un témoignage de foi, de communauté et de ce qu'il y a de plus sacré

dans l'humanité ... . "

 

ailleurs, dans le livre de photos d'antoine agoudjian :

" il n'est pas facile de définir la signification actuelle du mot arménie

et encore moins celle du mot arménien

 

le centre de la culture arménienne occidentale passa ainsi de constantinople

à paris jusqu'à beyrouth

 

derrière les images de beyrouth et d'alep en particulier,

toutes les étapes du long processus d'insertion des arméniens

dans cet environnement en filigrane

 

elles nous remémorent les premiers camps de tentes

bientôt remplacés par des baraques en bois imbriquées les unes dans les autres

 

elles évoquent ce monde qui s'est mobilisé pour échapper à une disparition

probable et restaurer une vie communautaire

 

antoine agoudjian a sciemment mélangé des évocations d'arméniens

de divers pays et des traces de ce qu'on pourrait appeler l'arménie sans arméniens

... . le reportage témoignage d'antoine agoudjian ne se contente pas de cet appel nostalgique

d'un passé douloureux, il montre, en parallèle, la vie, là où les arméniens

déracinés ont refait leur existence ... . "

 

antoine agoudjian clôture son livre, les yeux brûlants

de son travail photographique sur la mémoire : " au départ, la photographie

est une alliée de second plan, mais elles s'est très vite transformée en véhicule essentiel

de mes émotions

 

mon inspiration vient de qui me nourrit humainement,

notamment les rencontres car la vie naît de la rencontre

 

je porte en moi force et fragilité humaines

je n'ai aucune certitude

 

le doute m'accompagne à chaque instant

peut-être est-il source d'angoisse et catalyseur d'énergie créatrice

 

errant dans les rues d'istanbul, partagé entre crainte et excitation,

j'ai éprouvé le besoin irrépressible de me lancer à la recherche des arméniens

sur cette terre historique

 

mon projet est né des sensations éprouvées dans cette ville

 

j'ai décidé de parcourir le moyen-orient, en quête des empreintes

et de la mémoire d'un peuple, de mon peuple

 

j'ai poursuivi ma quête au liban, à jérusalem ... . "

 

troisième rebond après l'article sur l'arménie avec hélène ségara,

les âmes arméniennes sur le mont ararat, voyager dans les photos

d'antoine agoudjian

 

travail dans le labo, photos prises dans l'esprit de l'anted art,

travail sur la mémoire, en quête de vérité

 

d'hélène à antoine comme un chemin, refaire ce sacré voyage,

en asie, en arménie

 

nous reviennent alors les bons signes

 

partout, du chaos, renaissance du m de l'espoir

m de message divin

 

du noir et blanc, naît la couleur,

renaît la joie, la vie

 

continuer le chemin tracé,

comme une branche, comme à un croisement,

ouvrir une nouvelle voie de réflexion

 

s'intéresser au détail qui fait la différence

au signe qui nous attirent

 

nouvelle galerie du beau m, en bohème,

sans mot, écouter les signes ... .

 

à van en asie mineure

 

 

 

dans le monastère de kdouts

 

épousée

 

comme un voile

m en instance, âme en mouvance,

comme une voile

 

 

 

d'alep en syrie

 

 

 

commémoration

 

m en procession

 

mendiant de la grande mosquée

 

âme en demande

 

 

 

au liban

 

 

 

24 avril à beyrouth

 

 

au front d'une rescapée

à bourdj hammoud

 

orphelinat de byblos

 

lignes estompées,

âmes en re-construction

 

 

 

 

à bagdad en irak

 

 

 

 

mains apaisantes

 

âmes consolantes

 

 

 

 

 

à erevan en arménie

 

 

angelus

m de lumière

 

flammes animées par la joie,

âmes qui s'enflamment

 

 

 

puis arrivent des visages, en écho, des regards subliminaux,

peut-être

 

à djebail au liban

 

 

 

 

à l'orphelinat, nid d'oiseaux

 

regard de l'âme

 

 

 

 

dans la vieille ville de jérusalem

 

 

 

sanctuaire saint sépulcre

 

aux regards,

miroir des âmes

 

 

 

t'aime au liban

 

 

 

vestiges à beyrouth

 

âmes en liberté

 

 

 

maaty en asie mineure, en beauté, en bohème, unis

 

 

 

exode à tchenguili

dans la façade de l'église

mousssa dagh

 

âme de pierre,

âme du souvenir

 

 

 

 

au bout du chemin, s'apercevoir qu'antoine a suivi un chemin en ppcm,

le plus petit commun en m, omniprésent

 

plus de vingt deux images découvertes avec la marque du m

sur les 63 photos de l'album d'antoine agoudjian

 

symbole universel, signe intemporel !

 

la réponse de l'homme bon face à l'homme en chute

la réponse de la nature, au quotidien, geste au naturel

 

le signe de nos âmes qui tracent le chemin,

qui dessinent en douceur, en maaty, la voie

 

trace dans la veille ville, coeur de jérusalem

 

 

 

empreinte à jérusalem

 

au coeur de l'âme

 

 

 

 

 

au carrefour des peuples, au coeur de l'asie mineure,

d'irak, de syrie, du liban, d'arménie,

l'âme arménienne

 

 

 

   quand les termites traceurs reviennent, marchent dans la lumière,

voyager, bohèmer en maaty, tracer des voies tout en lumières,

katav de nos espoirs, reporter de n'autre tikva, marcher ensemble, en amitié,

vibrer entre les âmes cathares, vers un catharisme éclairé, dans l'onde de paix, bonne et généreuse

vers un termitisme renaissant, agissant ... . sentier de termites, parfum de paix ... .

sur le cahier de l'amitié, écrit à l'encre des coeurs authentiques,

vaisseau à l'ancre d'un pilier djed, de nos espoirs ... .

 

   sur n'autre île, termitière   ... .

maillons en amitié, prophètes de bonnes nouvelles, traceurs de paix